Il y a un manque de données sur le pastoralisme aux niveaux mondial, régional et national. Les éleveurs ne sont pas toujours pris en compte par le recensement national, en partie à cause de leur mode de vie mobile. En outre, leur contribution aux économies nationales est souvent sous-estimée, en raison de la composante « informelle » de leurs activités économiques et du niveau élevé d'autoconsommation.
La Plateforme des connaissances pastorales, en collaboration avec l'Institut français, le CIRAD et trois organisations pastorales (le Réseau Billital Maroobé d'Afrique de l'Ouest, la Fédération nationale des groupes d'usagers des pâturages de Mongolie, et la Fundación Gran Chaco d'Argentine), a élaboré un outil
innovant pour recueillir des données auprès des ménages pastoraux, permettant d'évaluer plus précisément leur contribution réelle aux PIB nationaux. Cet outil comprend une méthode pour identifier et atteindre les ménages d'éleveurs, des questionnaires bien adaptés, des dispositifs informatiques pour accélérer la collecte de données et, enfin et surtout, une collaboration étroite avec les OSC.
L'outil a permis d'évaluer l'économie pastorale et sa contribution aux économies nationales, puisqu'il a été utilisé pour recueillir des données auprès de 1 938 ménages en Mongolie, 1 010 au Tchad et 1 198 en Argentine. En plus d’avoir démontré que les organisations pastorales avaient le potentiel nécessaire pour gérer les données avec succès, les données ont également révélé que le pastoralisme contribue aux économies nationales plus que les études ne l'indiquent habituellement, car en raison de caractéristiques spécifiques, telles que les niveaux élevés d'autoconsommation, la contribution des éleveurs au produit intérieur brut (PIB) était souvent sous-estimée. Il est apparu que le pastoralisme pouvait contribuer jusqu'à hauteur de 27 % au PIB du Tchad, et jusqu'à 12 % en Argentine et en Mongolie. Par ailleurs, les données ont révélé de grandes inégalités dans les contextes pastoraux, résultant de profondes inégalités en termes d'accès aux ressources (terres et ressources naturelles, services sociaux, infrastructures, etc.) Cet outil est susceptible d'être amélioré et adapté à tout contexte pastoral dans le monde.